Ce Congrès aura été un véritable congrès politique, ainsi qu'il avait vocation à l'être, et non programmatique, ce qui sera le but
du prochain. Il aura permis de définir des lignes politiques, sans doute incomplètes, mais qui donnent des orientations de choix claires aux militants. Le Congrès n'est pas fini. Il reste même
l'étape la plus déterminante.
Car en effet, l'issue de ce Congrès sera finalement, en l'absence d'un accord la nuit dernière, dévolue entièrement au vote
des militants de mercredi-jeudi et vendredi, ce dont il faut se féliciter pour notre démocratie interne et ce qui favorisera, je le crois, notre unité future.
Deux grandes orientations pour l'avenir de notre parti se sont clairement dessinées: Celle de la motion E qui vise à la
transformation du PS en PD italien, tant sur la forme du parti, sur la question des alliances, que sur le flou du programme économique. En regard, les motions C et D sont parvenues à
un texte commun (même si finalement rédigé mais non signé) et sont sans doute d'accord sur l'ancrage à gauche du parti, sur le refus des alliances avec le centre, sur la
nécessité de conserver un parti de militants, sur l'importance de la question sociale, des salaires et de la redistribution des richesses, et sur la relance de l'Europe fédérale. Aucun
accord n'ayant abouti quant à la question d'une candidature commune, nous nous trouvons face à une situation simple avec un vote qui aura probablement lieu en deux tours pour désigner
notre Premier Secrétaire. Il convient de souligner, en outre, que la seule majorité susceptible de rendre gouvernable le PS aujourd'hui est basée sur un rassemblement C+D+A. Dans
ce cadre, je voterai pour Benoît Hamon mercredi soir et je formule le voeu qu'au second tour, nous nous retrouvions sans arrière-pensées derrière le candidat, Martine
Aubry ou Benoît Hamon, qui sera arrivé en tête.
Au-delà de ces grandes orientations, la question des institutions me semble être l'un des sujets cruciaux que notre
parti devra porter devant les Français. Nous ne pouvons pas, dans tous nos programmes, apposer la ligne "renouvellement des institutions" au milieu de 99 autres points et par ailleurs, donner
des signes inquiétants d'adaptation au modèle hyperprésidentiel. La présidentialisation n'est pas dans notre culture. Elle est profondément nocive à la démocratie et à l'efficacité politique,
Nicolas Sarkozy en fait la preuve tous les jours. Nous avons déjà beaucoup tiré sur la corde de la Ve République. Tenter de nous adapter à ce modèle, c'est déjà nous trahir. Nous devons au
contraire porter pleinement et dès après ce congrès, devant les Français, la VIe république parlementarisée et refuser dès maintenant la présidentialisation de notre
parti dont nous ne nous relèverons pas car ne nous y trompons pas, au jeu de la caporalisation, la droite sera toujours meilleure que nous.
Et puis, il y a l'Europe fédérale. Si nous nous contentons pour parler d'Europe de faire appel à l'Europe des
projets, à un vague forum global, sans autre perspective, nous ne serons pas à la hauteur des enjeux qui attendent les Européens et en particulier face à la crise économique qui avance.
Pour changer l'Europe, il faut une gauche forte et volontariste avec un projet fédéral clair permettant de faire des choix politiques au niveau européen et non pas celle qui renonce et qui suit
le mouvement d'une sociale-démocratie en panne. Il faut une Europe qui ne concède pas d'une main la démocratie qu'elle retire de l'autre, une politique budgétaire fédérale donnant à l'Europe
les moyens réels de l'harmonisation, des outils pour lutter contre le dumping social et environnemental, une politique industrielle et d'innovation européenne.
J'ai eu l'occasion d'exposer mon projet pour notre Fédération, au seuil d'une période qui devra nous voir tous
auprès des Français de l'étranger, pour leur proposer des solutions aux questions qui les affectent, présenter à leur suffrage une représentation socialiste au niveau
national et, en général, leur redonner l'envie d'exprimer un choix politique de gauche. J'ai plusieurs fois indiqué ma volonté que la Fédération retrouve la culture du débat
politique, du choix démocratique entre plusieurs options puis du rassemblement. C'est cette ligne que je souhaite porter avec tous, nous qui n'avons pas toujours fait les mêmes choix
politiques, y compris lors de ce congrès. Je veux être la candidate du renouvellement, de la visibilité de notre Fédération dans notre parti, du travail au service de celui-ci pour le
rapprocher des Français en France et à l'étranger, de l'entêtement démocratique, du sérieux aussi car le moment politique est grave.
Amitiés socialistes,
Pascale Seux
Candidate au mandat de Premier Secrétaire Fédéral